Oana Itu

entre terre et ciel

tu gravis des marches,

tu es lumière

on m'a demandé un poème —

c'est toi

ici on ne met pas de point

— Liuba Sarbu

Des œuvres uniques nées du silence de l'atelier, offertes au regard du monde.

Œuvre d'Oana Itu
Œuvre d'Oana Itu
Œuvre d'Oana Itu
Oana Itu dans son atelier

Dans l'atelier, 2025

L'artiste

Peindre, c'est respirer en couleurs.

Je suis née et j'ai grandi en Roumanie, où j'ai découvert la peinture dès les premières années de ma vie. J'ai grandi dans les années 80-90, dans un contexte où les ressources étaient rares, mais l'imagination sans limites. La peinture a toujours été pour moi une forme de liberté et d'expression.

J'ai étudié les Lettres à Cluj, puis les Arts à Montréal, au Canada, dans la section Design architectural. Ces expériences m'ont permis de tisser les mots, les formes et les couleurs dans un langage artistique personnel. Mes tableaux sont des histoires sur les gens, la mémoire, le dor (le manque, la nostalgie), l'identité. Je ne peins pas des portraits, mais des émotions — pas des lieux, mais des états d'âme.

Aujourd'hui encore, je peins avec la même nécessité intérieure qu'autrefois. Pour moi, la peinture est un geste naturel, une respiration, une façon de donner du sens au monde qui m'entoure. J'ai eu la joie d'exposer mes œuvres dans des galeries à Montréal et de collaborer avec des institutions culturelles au Canada et en Roumanie. Mon art se retrouve aujourd'hui dans des collections privées à travers plusieurs pays, mais ce qui compte le plus pour moi reste le moment où la couleur prend vie sur la toile et où l'histoire commence.

Je suis née d'une terre ancienne, roumaine, avec l'odeur de la terre mouillée, du blé mûr et du bois brûlé. Là-bas, dans les villages de mon enfance, les visages avaient des histoires et les silences, du poids. Je me souviens des icônes encadrées sous verre, des fleurs des champs, de l'odeur du soir sur le chemin de terre, du visage de mes grands-parents, du bourdonnement des abeilles. Tout cela m'a façonnée. Et me porte encore.

Mes racines roumaines ne sont pas un thème — elles sont une source. D'elles coulent les couleurs, les regards des portraits, les symboles… Je peins parce qu'en moi, la Roumanie n'est jamais partie.

Je modèle la terre parce qu'elle me parle. Parce que je la connais depuis l'enfance, quand je la sentais sous mes pieds — chaude, douce, vivante. L'argile prend vie sous la pression de mes doigts, et de cette matière naissent non pas des formes, mais des présences — des êtres silencieux, mais pleins d'histoire, des visages qui semblaient avoir toujours été là, attendant d'être révélés à la lumière.

La sculpture est pour moi un retour chez moi. C'est le toucher, la patience, une prière murmurée avec les mains. Chaque creux, chaque ligne est un souvenir transformé en forme. De la même façon que la terre d'où je viens m'a portée, je tiens aujourd'hui l'argile — et je lui donne vie.

La peinture et la sculpture ne sont pas deux chemins — elles sont le même dor, exprimé en deux langages : l'un de couleur, l'autre de forme. Les deux me relient au passé, mais m'ouvrent aux autres. À celui qui regarde, qui touche, qui ressent. Car mon art ne parle pas seulement de moi, mais de nous — de nos racines, de ce qui nous unit, de ce qui nous reste.

La peinture comme espace de présence

Le geste et la matière

Ma pratique est avant tout physique. Le geste précède la pensée — c'est dans le mouvement de la brosse ou du couteau que naît l'image. Je travaille souvent en plusieurs couches, laissant les strates dialoguer, se révéler ou se contredire.

La matière a sa propre intelligence. Je l'écoute autant que je la dirige.

La lumière comme sujet

Ce qui m'obsède depuis toujours, c'est la lumière — non pas comme effet décoratif, mais comme présence, comme mystère. La lumière révèle et dissimule en même temps. Elle transforme l'ordinaire en quelque chose d'insaisissable.

Dans mes tableaux, la lumière ne vient pas de l'extérieur : elle semble surgir de l'intérieur de la toile elle-même.

Le territoire intérieur

Mes œuvres ne représentent pas le monde visible. Elles tentent de cartographier ce qui ne se voit pas — les états d'âme, les seuils, les passages. Chaque série est une exploration d'un espace intérieur que je cherche à nommer sans le fixer.

Peindre, c'est aussi accepter de ne pas tout comprendre de ce qu'on fait.

Blogue

Pensées, process & inspirations

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